Review Livre : A mains nues par Laura Nsafou #fnel


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Je parle de livres sur ce blog de ceux que j’ai lu et aimé, de ceux que j’ai découvert via le book club mais finalement ce n’est pas l’objet principal. J’ai du mal à écrire des review parce qu’il est difficile pour moi de ne pas spoiler, parce que résumer un livre, donner son avis, a quelque chose de personnel et de tellement subjectif. Prenons mon exemple : ce que j’aime c’est lire les review après avoir lu un livre, pour savoir comment il a été perçu par une autre personne. J’aime quand on s’accorde sur les bons côtés, j’aime découvrir des choses que je n’ai pas su voir, j’aime ne pas être d’accord. A force vous l’aurez compris j’aime parler des livres surtout avec d’autres passionnées.

J’aime parler de livres avec Laura (pas qu’avec elle hein ^^). Je n’ai pas fait d’études de lettres, au début j’appréhendais un peu de parler littérature avec Mrs Roots. Ça m’est passé : aujourd’hui on a nos privates jokes (noir d’encre) ! Laura est une amie je ne vais pas faire comme si je ne la connaissais pas. Cette review aura un relent d’amitié sincère en filigrane. Comme ça vous êtes prévenus

Cela fait un moment que l’on discute autour de son roman, et de l’édition en général. J’ai suivi de loin les étapes, les réécritures et tout ce que Laura a partagé autour de ce livre. L’expérience de lecture d’un livre par une auteure que l’on côtoie était totalement inédite pour moi. En finissant A mains Nues, avec la voix de Laura dans ma tête, j’ai eu beau passer mon entourage en revue je ne connais pas d’auteur(e) publié(e) (enfin maintenant si). Je l’ai reconnu dans ces mots, je l’ai deviné dans certains personnages, je me suis questionnée sur sa façon de voir les choses sur certaines scènes. C’est étrange d’être proche d’une auteure et de la lire. J’ai eu la chance de pouvoir l’interpeller pendant ma lecture, je l’ai maudite et d’autres fois prise par l’intrigue je n’ai pas atteint mon téléphone assez vite pour lui envoyer le fond de mes pensées. 

J’ai aimé avoir cette proximité et je mesure la chance que j’ai de la connaitre.  Ce n’est pas donné à tous le monde que de pouvoir donner directement à l’auteure d’une oeuvre son avis et qui plus est d’avoir une réponse directe et franche.

Est ce que mon avis sur le livre est biaisée par cette proximité ? Je ne pense pas.

Du coup je tente : j’ai beaucoup aimé A Mains Nues. (évidemment)

J’avais un peu peur des envolées lyriques de cette chère MrsRoots mais au final les descriptions, les longues phrases ne m’ont (presque pas gênées) je suis plutôt du genre droit au but quand Laura Nsafou prend des virages a répétitions pour arriver au même point. Je crois que ce style est totalement adapté pour la protagoniste principale : Sybille. Je n’ai pas aimée ce personnage elle est l’héroïne de cette histoire. Une jeune femme suédoise atteinte d’haptophobie (cette peur de toucher et d’être touchée) : (c’est chaud meuf !) c’est chaud surtout par rapport aux autres puisque cette phobie s’accompagne de crises incontrôlables (cris, panique, tremblement, etc). Elle va au début du roman faire une rencontre qui va bouleverser son monde et peut être l’amener à la libération. SUSPENS

Certaines scènes sont tellement graphiques qu’on ne peut que se les représenter mentalement. Surtout que Laura et son éditrice ont sorti un book trailer pour accompagner la sortie du bouquin

 

Je crois que c’est une des forces de ce livre. La possibilité de lire et de « voir » non pas seulement à cause du trailer mais par la façon dont Laura amène le lecteur a s’imaginer la Suède, la pluie, la neige, les bars, les bruits, on plonge dans l’ambiance directement. Et ce non pas seulement à travers les yeux de Sybille mais aussi via les autres personnages comme Matza le danseur, ou Nicolaï l’oligarque russe. (bon je crois il est pas oligarque mais comme maintenant je connais ce mot je voulais le placer voilà c’est fait)

Sybille m’a dérangée non pas à cause de sa phobie mais parce que celle ci prend une telle place dans sa vie qu’elle se laisse porter par elle, surtout dans la 1ere partie. J’aurais voulu non pas qu’elle soit la femme noire forte qui coute que coute va se battre sans avoir le droit de s’effondrer mais qu’elle puisse arriver à une conclusion : ce n’est pas grave. Au début bizarrement je m’attendais à un plot sur l’asexualité (si je me trompe de terme n’hésitez pas à me le dire) mais finalement il n’en est pas question dans l’histoire. Je dirais qu’on est plutôt dans un éveil à la sexualité pour Sybille et ce malgré sa condition. Faire face à son désir et à ses sentiments que je traduirais par grandir finalement. Le fait qu’elle soit une femme noire n’est pas important dans l’histoire même si de temps en temps le racisme en sourdine revient (comme pour nous en somme). NEANMOINS, j’aurai voulu en savoir plus sur son histoire personnelle. Je suis frustrée je l’avoue et je pense qu’il y a matière pour un tome 2…. (ne serait ce que pour savoir ou elle achète ses mèches à Stocklom ???) Le vocabulaire utilisée pour décrire la peau les cheveux de Sybille est habilement maitrisé on sent une volonté de bien faire les choses. Profs de français je vous conseille d’utiliser certains de ces passages pour des explications de textes diversifiés ! (derien)

Les personnages masculins sont …..hum intéressants je n’en dis pas plus : à vous de choisir dans quelle team vous vous situez : #TeamMatza #TeamSaad #TeamNicolaï ?

en tout cas moi je suis #TeamMrsRoots ! 

Il y a encore énormément de choses à dire sur A mains nues (ne serait ce que sur le consentement et notre rapport à la sexualité) mais je conclurais en disant ceci : la nécessité et l’importance des romans afropéens n’est plus à démontrer. Ecrire et publier des histoires sur nous, sur nos histoires banales ou pas dans un contexte européens (en lien ou non avec nos origines) c’est ce à quoi nous devons nous atteler. Il nous faut sortir de l’histoire unique pour nous mêmes mais aussi et surtout pour nos enfants. Nos histoires comptent.  A mains nues prouve par son thème que l’universalité n’est pas réservé qu’aux blancs, si j’ai pu m’identifier à des héroïnes qui ne ressemblaient en rien (je suis Jane Eyre hein) le contraire est tout à fait possible !

ECRIVEZ ECRIVEZ ECRIVEZ !!!

Merci pour ce roman, merci pour cette histoire.

Pour l’acheter c’est par ici Synapse-Editions.com

http://synapse-editions.com/produit/amn_preorder/

A MAINS NUES (Laura NSAFOU) Version papier 18,00

La racisation des patientes : les femmes « Africaines »


EXTRAIT DE MAMAN NOIRE ET INVISIBLE 

Ma sage-femme, pendant les cours de préparation à l’accouchement, m’avait dit que les femmes noires accouchaient plus vite. Je l’ai mentionné plus haut. Quelques temps plus tard, l’anesthésiste m’a affirmé que les femmes africaines étaient plus sujettes à la césarienne car leur bassin est plus petit. Pourquoi ?

– Parce que c’est génétique, m’a-t-il répondu.

Au dernier tournant de la grossesse, entre lassitude, fatigue, et autres joyeusetés, j’ai gardé l’info dans ma tête, pour plus tard.
À l’époque, je l’avoue, je n’ai pas cherché plus loin, mais cette information a fait écho à des conversations entendues dans mon entourage et lues dans les forums : il y aurait deux à trois fois plus de femmes noires qui accouchent par césarienne. C’était une des peurs exprimées des futures mères, des césariennes qui « provoqueraient » une infertilité.

Qu’en est-il vraiment ?
Les césariennes n’ont évidemment aucun rapport avec une stérilisation forcée mais vont avec l’idée que les femmes « africaines » ont un bassin plus petit. En cause, une « mécanique obstétricale » différente. « La mécanique obstétricale : désigne les différentes étapes d’engagement et de progression du foetus dans le bassin maternel ». Cette distinction a justifié un taux élevé de césariennes dans les années 70 pour les femmes migrantes. Dans les années 90, les césariennes sont pratiquées sur les patientes atteintes séropositives pour éviter la contamination mère/enfant du VIH/Sida. Dans les années 2000, une étude américaine affirme que les femmes « d’origine africaine » ou « black » ont un temps de gestation plus court de cinq jours que les autres femmes¹.

« Cette étude, citée comme une référence en France où aucune autre n’a été menée sur le sujet, affirme que cette différence de temps de gestation serait surtout génétique, et parfois liée aux conditions socio-économiques de vie, sans plus de détails. Ses auteurs proposent, en conclusion, d’anticiper d’une semaine la prise en charge de la fin de grossesse de ces patientes. Ceci n’a pas été immédiatement suivi d’effets, mais, dans les années 2000, de très nombreuses maternités françaises ont mis en place un « protocole de terme ethnique » – parfois appelé « protocole de terme couleur » – qui consiste en une surveillance spécifique de la fin de grossesse des femmes repérées comme « Noires ». Aucune société savante n’avait émis de recommandations dans ce sens. D’ailleurs, en décembre 2011, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français a précisé que ces données n’avaient pas été validées (CNGOF, 2011²). »

L’étude très complète de Priscille Sauvegrain, sage-femme et docteur en sociologie, intitulée « La santé maternelle des « Africaines » en Île-de-France », nous apprend des choses intéressantes sur ce sujet délicat. En effet, après plusieurs analyses, il s’avère que si les « Africaines » ont un bassin plus petit, celui-ci peut aussi s’expliquer par un état de santé moins bon du fait des disparités sanitaires dans le monde, et aux États-Unis des disparités économiques.
« Le type de femmes orientées vers ce protocole varie selon les équipes : soit il ne s’agit que des femmes catégorisées comme « Africaines », soit y sont incluses toutes les femmes racisées comme « Noires » que leurs origines soient supposées être des Antilles, d’Haïti, du Sri Lanka, ou encore de l’archipel des Comores, mais pas les Malgaches. Selon l’interprétation qu’un médecin ou une sage-femme se fait de l’origine ou de la couleur de leur peau, des femmes sont donc suivies plus précocement d’une semaine que les autres en fin de grossesse (quarante semaines d’aménorrhées au lieu de quarante et une) et, en conséquence, leur accouchement est au besoin déclenché à moins de quarante et une semaines (on compte un maximum de cinq jours après le terme considéré.”

En 2011, « le CNGOF précise que « chez les femmes noires africaines, la mortalité fœtale n’est pas significativement augmentée en fin de grossesse. Il n’existe pas de données pour modifier les pratiques en cas de grossesse prolongée dans cette population »
« Lorsque les équipes soignantes prennent du recul par rapport à leurs pratiques et s’adaptent à des situations nouvelles ou différentes, les taux de césarienne reculent sans que ne s’accroissent pour autant la mortalité maternelle ou/et la mortalité périnatale des nourrissons. La première équipe hospitalière parisienne, après avoir constaté un taux de césariennes deux fois supérieur chez les femmes originaires du Mali et du Sénégal, avait préconisé une attente plus longue avant de décider d’une éventuelle césarienne en cours de travail. Les médecins considéraient que si les bassins étaient plus petits, la tête du bébé était aussi plus petite, plus malléable, que sa position dans le bassin était différente, et les nouveau-nés de poids inférieurs. Cet ensemble de caractéristiques entraînant certaines spécificités du travail de l’accouchement, il convenait de les respecter et de ne pas prendre de décisions trop hâtives. »

Hum hum…

Personnellement, j’ai toujours pensé que les amies de ma mère césarisées l’avaient été à cause des difficultés de communication qu’elles ont rencontrées, pour celles qui ne parlaient pas bien le français. Finalement, on peut y donc ajouter cette racisation des patientes, pire encore la distinction entre « Africaines immigrées » et « Africaines nées en France », qui semble encore difficile à ôter de la tête des soignants (…)

Ce qui est flippant dans cette catégorisation, c’est d’abord le fait que le choix de la mise en place du « protocole ethnique » est laissé à la libre interprétation du soignant selon la tête de la patiente.
Il est difficile de mettre le mot « racisme » sur une pratique qui dans la tête de beaucoup n’est pas discriminatoire mais va dans le bon sens pour éviter la mortalité infantile.

Utiliser des catégories racisantes a des conséquences sur les parcours de soins, d’autant plus que des amalgames peuvent être faits en l’absence de distinction entre les femmes africaines immigrées et celles nées en France. Il me semble plus parlant d’interroger des facteurs externes comme la qualité et les conditions de vie, plutôt qu’une couleur de peau.
En effet, si les migrantes sont sujettes à des problématiques spécifiques telles que les maternités précoces, utérus cicatriciel, malnutrition, etc,… est ce que leur filles qui n’ont pas eu les mêmes conditions de vie sont concernées ?

Prépare-toi. Il est possible que tu n’aies pas l’accouchement rêvé, la césarienne reste une éventualité qu’il te faut aussi envisager. Celle-ci doit intervenir si elle s’avère nécessaire et non pas parce que tu es une femme noire. « Or il ne semble ni pertinent d’englober des femmes nées en France et des femmes immigrées dans des protocoles médicaux spécifiques, sous prétexte d’origines « africaines » communes, ni juste d’amalgamer des femmes au nom d’une couleur de peau perçue, en présumant génétiques et héréditaires certaines caractéristiques qui relèvent bien plus de l’état de santé et des conditions de vie »

J’espère qu’on aura plus d’études sur ce sujet à l’avenir. Un jour.

¹ PAPIERNICK ., ALEXANDER G.-R. et PANETH N., Racial Differences in Pregnancy Duration and its Implications for Perinatal Care, Medical Hypothesis, 33, 1990, pp. 181-186.

² SAUVEGRAIN P., « La santé maternelle des « Africaines » en Île-de-France : racisation des patientes et trajectoires de soins », Revue européenne des migrations internationales [En ligne], vol. 28 – n°2 | 2012, mis en ligne le 10 octobre 2012, consulté le 06 août 2015. URL : http://remi.revues.org/5902

Challenge lecture 2017 : Femmes noires et littérature


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Cette année je n’organiserai pas de Clumsy Book Club car avec mon autre projet Ataye (Revue Littéraire) nous organisons un club de lecture et des ateliers d’écritures, et des trucs, etc…c’est beaucoup plus grand que nos rencontres habituelles et ça prend du temps à organiser.

Mais il n’en reste pas moins que ces dernières années je me suis attachée à lire et à acheter presqu’exclusivement des livres écrit par des femmes noires. Je suis convaincue de la nécessité d’écrire de lire d’entendre et d’écouter les vécus des femmes noires dans un espace francophone qui nous invisibilise.

Ce que je vous propose pour cette année c’est de continuer sur cette lancée : à savoir la promotion, la mise en avant, la découverte  et l’échange autour des auteures noires. Le book club a été riche en expérience du coup on va continuer mais virtuellement.

Ce challenge comme pour le club de lecture sera donc dédié aux livres écrit par des femmes noires, je vais proposer plusieurs thèmes et créer un groupe sur Goodread pour que nous puissions discuter échanger etc…

– Challenge #FemmesNoiresEtLitté #ClumsyBookClub –

  • Lire un livre par mois, celui qu’on veut (écrit par une femme noire à chaque fois)
  • Dans la mesure du possible donner son avis : billet de blog, post facebook ou twitter ou alors dans le groupe Goodread , une vidéo YouTube, Instagram, Snapchat, etc..
  • Utiliser l’un des hastags: #FemmesNoiresEtLitté ou #ClumsyBookClub si c’est trop long utiliser les initiales #FNEL
  • le groupe Goodread est ici

Je donnerais des titres au fur et à mesure et vous aussi vous pourrez en rajouter surtout si vous utilisez Goodread. Cela nous fera une belle bibliothèque virtuelle partagée ^^

Les thèmes à choisir selon vos envies votre humeur : vous pouvez aussi les suivre dans l’ordre (n’hésitez pas en m’en suggérer)

  1. Une BD
  2. Un roman graphique ou comic book
  3. Un recueil de poésie (pour moi ça sera Warsan Shire)
  4. Un roman épistolaire (l’occasion pour moi de relire Mariama Ba)
  5. Un roman écrit par une auteure francophone  (pour moi ça sera Peaux Echappées de Cindy Marie-Nelly)
  6. Une non fiction traitant du féminisme, d’Afroféminisme, ou de Black Féminism
  7. Un roman YA (Young Adult – Jeunesse)
  8. Un livre avec deux femmes noires en couverture
  9. Fantasy ou Science Fiction (facilement cumulable avec le 2)
  10. Un roman d’amour ❤ ❤ ❤
  11. Un livre en anglais
  12. Un livre de Léonora Miano
  13. Le 1er livre d’une jeune auteure publié récemment ou pas
  14. Un livre sorti en 2017
  15. Un livre traitant l’histoire des Noir.e.s en France (fiction, non fiction)
  16. Un roman dont l’action se situe durant la colonisation
  17. Non fiction sur les cheveux (Je vais enfin finir le livre de Juliette Smeralda)
  18. Un roman policier/Thriller  c’est pas trop mon truc mais je vais le tenter
  19. Un livre sur la nourriture/cuisine (dites moi si ça fait cliché lol)
  20. Un livre sur un personnage non valide
  21. Un livre d’Octavia Butler (facilement cumulable avec le 9)
  22. Un livre que vous aviez aimé enfant
  23. Un livre recommandé par une auteure que vous appréciez
  24. Un livre qui est sur le point de devenir un film (bon on peut rêver non ??)
  25. Une pièce de théâtre
  26. Un livre traitant de la transmission (pour moi ça sera Aya Cissoko N’ba)
  27. Un livre dans un « genre » que vous n’avez jamais lu avant
  28. Un livre avec moins de 200 pages
  29.  Un manga / manwa (on peut encore et toujours espérer)
  30. Un livre avec une héroïne queer

Tous ces topics ne sont que des pistes si vous décidez de ne pas les suivre ça marche aussi !
Si vous les retrouvez dans des publications sur le net ça marche aussi (et je pense que ça profitera à toutes et tous)

Le but n’est pas de les acheter tous évidemment, vous pouvez trouver des livres d’occasion, en bibliothèque ou vous les faire prêter.

Pour rejoindre le groupe de discussion c’est ici :

Goodreads | Clumsy Book Club Group

https://www.goodreads.com/group/show/210956-clumsy-book-club

C’est parti! bonnes lectures à toutes (et tous)!

(et pour aller plus loin il y a aussi ce challenge Les Sorcières de la Littérature https://sophiemarker.wordpress.com/2017/01/19/les-sorcieres-de-la-litterature/ avec belle sélection de livres de partout !)